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15/05/2020

Inconcevable

deuil papa


C'est le mot qui me colle à la peau. Voilà deux ans que mon Papa s'est "envolé" comme on dit... Je n'ai toujours pas encaissé. Oui les journées sont moins lourdes de sens qu'au tout début avec ce choc émotionnel dévastateur. Ces océans de larmes, cette envie de rien, ce panneau STOP face à la détresse de la perte d'un être essentiel à sa vie. Cette perte, inconcevable, sonne notre esprit, remue une souffrance absolue, soulève un tas de questions, une période affreuse ou la tête tourne en rond, avec le même constat à chaque réflexion. Des larmes, des sanglots.

Mais je ne suis pas pour autant "guérie", loin de là. On ne guérit pas, on vit avec sa peine, meurtris. On vit avec un grand vide, on vit avec des larmes qui ne sortent plus mais avec la même émotion masquée des autres. A écouter certains, il suffirait de tourner une page, "faire son deuil", cette expression qui m'agresse à chaque fois que je l'entends. La plupart du temps c'est la phrase que l'on entend de ceux qui n'ont jamais vécu une perte terrible, ou bien de ceux qui ne veulent pas écouter votre mal être. On ne balaye pas définitivement quelqu'un avec une expression. A écouter cette expression on dirait une phrase actée, comme un "c'est fait, c'est bon, c'est fini, oubli". Non !! Arrêtez avec cette expression, je l'accueil mal et je ne suis certainement pas la seule.

On s'imagine certains jours que c'était un mauvais cauchemar, d'autres jours on arrive à avancer en essayant de ne pas y penser... trop souvent. Parfois je me dis qu'ils je suis un peu folle, il m'est arrivée de regarder un produit en magasin en m'arrêtant dessus pour lui, sans l'acheter mais avec ce réflexe d'avant. Je l'aurai bien acheté des fois juste pour faire revivre un instant...

Bref...bien vite la compassion des autres devient une fuite des autres au quotidien. Oui, la peine n'as le droit de se partager qu'un temps, la suite on s'en rend bien vite compte, on est seul, on dérange. A chacun ses peines comme on dit... Certains, même beaucoup vous dirons, je suis là, n'hésites pas à venir parler mais ce seront des paroles dites et sans suite, comme beaucoup...

J'ai terriblement mal au cœur et je m'en veux, on pense à ce que ceux partis auraient voulus, ne voudraient pas pour nous. Son regard me manque, cette micro-seconde quand on se retrouvait, cette étincelle unique et absolument essentielle, mélange d'un sentiment d'amour inconditionnel, de joie, de rire, de motivation, d'insouciance et de sécurité. Tout me manque, absolument tout. Abandonnée seule par la vie, cette même vie qui m'offre deux beaux enfants me vole ma base, une partie de moi, un bout de mon cœur, un bout de la mémoire de mes premiers tout, un bout de ce bonheur jour après jour de 0 à 30 ans. Ce pilier de mon âme. 

Je suis en partie morte un 15 mai 2018, un bout de moi s'est effondré ce jour là, le sol s'est dérobé sous mes pieds. Je survie, je suis resté agrippée à cette falaise, oui la vie est là, mon cœur bat pour longtemps, mon quotidien est beau je le mesure, mais restera à jamais incomplet, noyé de tristesse dans le fond. Mon Papa était un moteur à ma vie je n'ai pas honte de le dire. Vous me direz ce genre de phrases comme "on doit couper le cordon" où "on ne vis pas avec ses parents", non moi je vous dirais on vis, sa vie mais un parent reste lié à vous chaque jour, un parent qui vous aimes, qui vous a tout donné, qui a toujours été votre force, reste chaque jour un élément important au quotidien. 

Je dois vivre cette vie parallèle, j'y arrive, je reste le cœur lourd et cassé mais toujours battante et toujours heureuse en famille parce-que à mon tour je suis maman. Voilà je voulais vous partager ma peine des mauvais soir en un bloc pour ne pas vous soûler toute l'année et pour vous dire je vais mieux mais que jamais je ne serais jamais plus là même, jamais je ne tournerais de page, c'est pour moi inconcevable.

Les joues mouillées je vous fais de gros bisous. 

Amanda

11 commentaires:

  1. Je ne peux qu'imaginer ta douleur ma pauvre

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  2. Oh comme ta douleur se transmets , je ne connais pas cette situation mais tu avais l'air tre sproche de ton papa . bon courage

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  3. Hello, je connais malheureusement cette peine. Mon Papa est parti en 2012 d'un cancer. Pas un seul jour ne passe sans que je pense à lui. Plein de courage dans cette épreuve.

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  4. toutes mes condoléances...je pense très fort à toi, à ta famille il doit être très fier de toi, prends du temps pour toi je t'envoie plein de gros bisous

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  5. 11 ans après je n'ai pas encore encaissé non plus. Bon courage

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  6. Je n'ai pas les mots ... Je n'imagine pas pouvoir le vivre et je te fais de gros câlins virtuels

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  7. je te comprends tellement... Tout cela est si difficile
    je t embrasse

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  8. Je te comprends, moi-même j'ai perdu un proche (ma grand-mère) cela fait maintenant 15 ans mais cette douleur reste et ce manque est toujours présent. Bon courage à toi dans cette dure épreuve

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  9. Le 15 mai... le jour de l'enterrement de mon papa qui nous a quitté il y a 5 ans. On oublie jamais et je ne sais pas si l’absence est un jour moins douloureuse mais je m’attache à le rendre vivant auprès de mes enfants pour qu'ils ne voient pas les larmes dans mes yeux quand je leur en parle. Courage ma belle.

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  10. Les mots me manquent... J'ai la chance d'avoir mes 2 parents. Mais je connais le deuil et l'absence... Je crois que seul le temps apaise le manque... Toutes mes condoléances...

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  11. J'ai perdu l'homme de ma vie il y a plus de 10 ans, celui qui m'a élévée et je suis toujours aussi déchirée

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